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Crimes de guerre : Radomir Susnjar extradé en Bosnie

lundi 25 juin 2018 par Zehra Sikias  |  3 Partagez sur FacebookTwittez cette information

Au terme d’une longue procédure judiciaire, Radomir Šušnjar dit Lalco est en enfin prison. Accusé d’atrocités et de crimes de guerre commis contre les dizaines de civils à Visegrad en 1992, il a été extradé dimanche 24 juin en Bosnie-Herzégovine.

Après que le Conseil d’État français a validé la demande d’extradition du Bosno-Serbe Radomir Susnjar, l’homme de 62 ans a été interpellé par la police française à son domicile en Seine-Saint-Denis et incarcéré à la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Six jours après, les autorité de Bosnie-Herzégovine sont venus le chercher.

En avril 2016, la Cour d’appel de Paris a rendu un avis favorable concernant la demande des autorités judiciaires de la Bosnie-Herzégovine de l’extradition de Radomir Susnjar. Ce dernier a formé un pourvoi devant la Cour de cassation mais il a été rejeté, ce qui a conduit le Premier ministre Edouard Philippe de signer le décret d’extradition, le 19 juin 2017. En ultime recours, Radomir Susnjar a de fait un appel mais il a été rejeté lundi par le Conseil d’Etat.

La voie est désormais libre pour extrader celui que les témoins ont identifié comme Radomir Susnjar, l’homme qui a commis des crimes contre l’humanité à Višegrad en juin 1992 et qui depuis des années se cachait en France sous une autre identité jusqu’à sa localisation en avril 2014 près de Paris.

Ex-membre de la formation paramilitaire serbe Osvetnici, Radomir Susnjar est soupçonné par la justice bosnienne d’avoir participé au massacre connu sous le nom « Ziva lomaca » (le grand feu) pendant lequel 59 civils bosniaques, essentiellement des femmes, des personnes âgées et des enfants dont un bébé de deux jours, ont été arrêtés, rassemblés dans un local de la rue Pionirska et brûlés vifs à Visegrad les 13 et 14 juin 1992.

Radomir Susnjar est accusé d’avoir personnellement verrouillé tous les accès et d’y avoir mis le feu en jetant dans le local des grenades incendiaires. Certaines victimes ayant tenté de s’enfuir par les fenêtres ont été abattus. Seulement huit d’entre elles ont survécu, dont deux sont décédées entre-temps.



Il s’agit de l’un des massacres pour lequel Milan Lukic, ancien chef du groupe paramilitaire serbe Beli Orlovi a déjà été jugé et condamné à perpétuité par le TPIY et Sredoje Lukic à 27 ans de prison ferme.

La Cour d’Appel de Paris a longtemps été opposée à l’extradition de Susnjar sur la base d’une qualification pour les crimes contre l’humanité, considérant que les faits, ayant été commis avant que la loi française contre l’humanité n’entre en vigueur en 1994, devaient être analysés sous l’angle d’une qualification de droit commun. Toutefois, les autorités bosniennes ont refusé cette qualification de simples actes de droit commun, prescriptibles en 10 ans, s’agissant bien des crimes contre l’humanité, imprescriptibles selon le droit international.

La France n’a encore jamais donné un avis favorable pour extrader les personnes accusées de crimes contre l’humanité, en particulier dans plusieurs cas des crimes commis au Rwanda. Craignant une décision défavorable, l’Association de femmes victimes de guerre avait par ailleurs adressé en janvier 2016 une lettre ouverte au Président François Hollande qui, dans sa réponse, a promis de « suivre avec attention ce dossier ».

Susnjar nie son identité

Défendu par Me Olivier Morice, un avocat très réputé, Radomir Susnjar se défendait en se prétendant victime d’une confusion avec un homonyme, un certain « Milan Susnjar ». Toutefois, autorisés par le juge de s’exprimer en tant que témoins, Huso Hurspahic de Visegrad et Bakira Hasecic, présidente d’une association de femmes victimes de guerre, avaient formellement reconnu l’homme, leur ancien voisin.

Par ailleurs, l’avocat général, maître Jean-Charles Lecompte avait confirmé que les empreintes digitales et les photos correspondent à la description de l’accusé, s’appuyant sur la conclusion de plusieurs experts. Le juge Jean Bartholin, président de l’audience, avait, lui aussi, rappelé que l’identité de l’accusé, sous le coup du mandat européen, était bien vérifiée.

Radomir Šušnjar

Domicilié à Seine-Saint-Denis, Radomir Susnjar, né en 1955, est installé en France depuis 1980 avec sa famille. Avant la guerre, Susnjar travaillait à Paris comme couturier mécanicien au sein de sociétés spécialisées dans la confection, puis en 1986, il avait rejoint Visegrad où il occupait un emploi de livreur de pain. Selon son avocat, la mobilisation de Susnjar au sein de l’armée de la Republika Srpska date du 20 juillet 1992, soit d’une date postérieure aux faits reprochés.

Višegrad est une petite ville du Sud-Est de la Bosnie Herzégovine, proche de la frontière serbe. En raison de son barrage hydroélectrique, de sa liaison routière avec la Serbie et d’autres caractéristiques, il s’agissait d’une ville stratégiquement importante lors du conflit en Ex-Yougoslavie.

Le 19 mai 1992, l’armée populaire yougoslave s’est officiellement retirée de la ville. Les chefs serbes locaux ont alors établit la « municipalité Serbe de Višegrad » et ont pris contrôle de tous les bureaux gouvernementaux de la municipalité. C’est peu après que des serbes locaux, la police et les paramilitaires ont débuté l’une des plus tristement célèbres campagnes de nettoyage ethnique du conflit. Ainsi, beaucoup des Bosniaques qui n’auraient pas été tués sur le champ auraient été détenus en divers endroits de la ville ainsi que dans les anciens baraquements militaires de l’armée yougoslave populaire à Uzamnica, cinq kilomètres à l’extérieur de Višegrad, indique-t-on dans un rapport de l’ONG Trial, basée à Genève, qui lutte contre l’impunité des crimes les plus graves (génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, tortures et disparitions forcées) et défend les intérêts des victimes.

Les personnes détenues dans ces casernes de Visegrad ont été gardés dans des conditions inhumaines, régulièrement battues et utilisées pour des travaux forcés pénibles. Les tueries de Višegrad ont été parmi les premières effectuées par les forces serbes sur la population musulmane bosniaque locale pendant la guerre.

Vos réactions

  • Bonjour

    Votre article est incohérent
    Vous dite qu’il se cachait sous un autre nom puis qu’il vivait en France depuis 1990 avec sa famille
    Il faudrait savoir.

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  • Bonjour

    Avant d’écrire des âneries renseigner vous. Je connais ce monsieur et en aucun cas il se cachait sous un autre nom. Il a tjrs vécu en France sous son vrai nom.

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  • Et son entourage ?Il a une « suite » à Paris de plusieurs fidèles et fous comme lui.

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