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Ed Vulliamy, président du jury du prix Bayeux 2020

mercredi 29 avril 2020 par BH Info   Partagez sur FacebookTwittez cette information

Grand reporter de la « génération Sarajevo », le journaliste britannique Ed Vulliamy présidera le jury de la 27e édition du prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre qui aura lieu du 5 au 11 octobre prochain.

Grande plume du Guardian et de The Observer, Ed Vulliamy a été correspondant de guerre en Irlande du Nord, en Bosnie-Herzégovine, en Irak et dans de nombreuses autres zones de conflit.

Pour la première fois depuis le procès de Nuremberg, Ed Vulliamy a été le premier journaliste à témoigner en 2006 au procès de Slobodan Praljak devant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie à La Haye pour les crimes de guerre commis par les milices croates de Bosnie. Treize ans plus tôt, le même Slobodan Praljak avait accueilli Ed Vulliamy au camp de prisonnier Dretelj.

Distingué pour son travail et pour ses livres à plusieurs reprises, il a notamment reçu le prix Amnesty International pour son engagement en faveur des droits de l’Homme. En 2016, il a également été nommé pour le Prix Ryszard Kapuscinski pour son livre The War Is Dead Long Live the War, Bosnia : The Reckoning.

Un pied en Europe et l’autre outre-Atlantique, il a également réalisé de nombreux reportages sur le crime organisé, en Italie ou à la frontière americano-mexicaine.


Ed Vulliamy : « Je pense qu’au fil du 21e siècle nous pourrons être amenés à modifier notre définition du mot « guerre ». Mes confrères, courageux et formidables, ont surtout couvert des guerres qui ressemblent en quelque sorte à des guerres de l’histoire, mises à jour pour notre époque. Mais qu’en est-il des nouveaux types de conflit, au Mexique par exemple, où le nombre de décès est trois fois plus élevé qu’en Bosnie, et où le nombre de disparus dépasse de 50 % la totalité de ceux des guerres des Balkans entre 1991 et 1999 ? Et pourtant, pendant cette guerre devenue le conflit le plus meurtrier pour les journalistes, on continue d’aller au marché, à l’école, à la messe ; la ligue de foot fonctionne correctement, les universités sont de qualité : c’est la guerre en temps soi-disant de « paix ». Quel nom convient pour évoquer les champs de bataille des gangs criminels au Salvador ou au Honduras ?

Le terme « violence lente » est employé par des universitaires pour caractériser de nombreux conflits à travers le monde. Pour les jeunes générations, qu’il s’agisse de journalistes, de lecteurs ou de téléspectateurs, le terme de « guerre » s’applique aussi bien aux réfugiés ou aux migrations dues à des crises climatiques, qu’aux conflits futurs qui seront liés à l’eau et aux ressources, qu’à des catégories plus traditionnelles de guerre. Tous ces cas de figure rentrent dans le cadre de cette longue guerre entre l’humanité et la nature qui prédominera les générations à venir. Comment caractériser l’anéantissement violent des dernières existences indigènes et les agressions sur les terres et minorités indigènes ? La mise en lumière de ces sujets peut de même coûter la vie à des journalistes.

Dans quelle mesure la violence systématique contre des femmes rentre-t-elle dans nos définitions de la guerre ? Le féminicide en Amérique latine, le culte du viol collectif en Inde ? Cette « guerre entre l’homme et la femme » comme le disait Leonard Cohen ! Nous ne pouvons pas appeler toute forme de violence « guerre » - ce serait ridicule - et le fait que le Prix Bayeux se concentre sur les conflits est ce qui élève Bayeux à un niveau d’honneur au-dessus de tous les autres prix de journalisme. Mais je suis persuadé que les jeunes nous demanderont d’assouplir dans les années à venir la notion de ce qu’on appelle « la guerre », et logiquement donc du reportage de guerre. »


Les reportages photo, radio, télévision et presse écrite traitant d’une situation de conflit ou d’un fait d’actualité concernant la défense des libertés et de la démocratie doivent être envoyés avant le 15 juin prochain en vue de la sélection 2020. Ils doivent avoir été réalisés entre le 1er juin 2019 et le 31 mai 2020, et concourent chacun pour une dotation de 7 000 €.

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