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La Bosnie, première victime d’une nouvelle guerre froide dans les Balkans

samedi 24 décembre 2016 par Zehra Sikias  |  15 Partagez sur FacebookTwittez cette information

Entre la Croatie, aidée par l’OTAN, et la Serbie, armée par la Russie, la Bosnie-Herzégovine, pays multiculturel mais divisé, s’inquiète pour sa sécurité. Dans les Balkans, la nouvelle guerre froide bat son plein et sa première victime risque d’être, une fois encore, la Bosnie-Herzégovine.

Ce n’est un secret pour personne. Pour contrer l’influence russe dans les Balkans, l’Alliance atlantique fournit une importante aide en armement à la Croatie, membre de l’OTAN. Il en sera sans doute de même pour le Monténégro, un autre pays voisin de la Bosnie-Herzégovine, qui s’apprête à entrer à l’OTAN.

La Serbie, frère orthodoxe, ami traditionnel et principal partenaire de la Russie dans la région, ne pouvait pas rester longtemps les bras croisés. Car il s’agit, selon le chef du gouvernement serbe, de protéger « la liberté » et « la souveraineté » de la Serbie.

Grâce à l’aide russe, l’Etat serbe vient de se voir offrir six chasseurs MiG-29 et des dizaines de blindés lui permettant d’augmenter considérablement « ses capacités défensives » et de riposter face à « des agresseurs potentiels » sur l’ensemble de son territoire.

Après le succès indéniable en Crimée et en Syrie, la Russie revient par la grande porte sur la scène internationale et compte bien affirmer sa puissance dans les Balkans aussi.

Une fois encore, la Bosnie-Herzégovine se retrouve au coeur des enjeux de grandes puissances, affaiblie par ses divisions intérieures, déchirée entre les Bosno-Serbes opposés à l’adhésion à l’OTAN et les Bosniaques et les Bosno-Croates qui y restent largement favorables. Impossible de faire un choix, impossible aussi de rester neutre, le poids de l’histoire des conflits avec les pays voisins étant trop lourd.

Entre Poutine d’un côté, et l’Otan de l’autre, dans une région sous tension, est-il possible d’éviter une catastrophe ?

Le sort de l’Ukraine plane désormais sur la Bosnie et l’avenir se dessine, plus que jamais, incertain.

Vos réactions

  • Oui Monsieur Chiquet
    Manque pas mal de choses à votre Histoire cousu de fil blanc.
    Ok, l’Occident n’est pas « blanc ». Mais de là à accréditer la thése colplotiste Occidentale,de l’Otan, du Vatican et des petits bonhommes verts ... Ca me fait sourire ;-)
    Commencez peut être pas revenir à la génèse des années 80 sur l’éclatement de la Yougoslavie.
    Par contre, je suis d’accord. L’Europe et l’Occident en général n’ont rien fait pour empécher cette catastrophe. Ils ont certainement vu aussi d’un bon oeil la chute d’un pays qui aurait peser de son poids.
    Dommage.... on ne le saura jamais ...
    jcdsl

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  • Oui Monsieur Chiquet
    Manque pas mal de choses à votre Histoire cousu de fil blanc.
    Ok, l’Occident n’est pas « blanc ». Mais de là à accréditer la thése colplotiste Occidentale,de l’Otan, du Vatican et des petits bonhommes verts ... Ca me fait sourire ;-)
    Commencez peut être pas revenir à la génèse des années 80 sur l’éclatement de la Yougoslavie.
    Par contre, je suis d’accord. L’Europe et l’Occident en général n’ont rien fait pour empécher cette catastrophe. Ils ont certainement vu aussi d’un bon oeil la chute d’un pays qui aurait peser de son poids.
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  • Effectivement, la Bosnie-Herzégovine reste en danger, hier par le projet de destruction de la « République de Bosnie-Herzégovine », qui était celui de Karadzic et Mladic, et aujourd’hui par le projet de sécession de la « République serbe » de Milorad Dodik, avec l’appui de Poutine.
    Les divisions institutionnalisées par l’accord de Dayton empêchent de fait l’émergence d’un projet inverse, qui serait celui de la réunification du pays sur une base citoyenne et fédéraliste, avec des garanties pour les diverses minorités.
    En accordant le nom de « République » à ce qui ne devait être qu’une « entité » provisoire, les négociateurs occidentaux n’ont fait que préparer le terrain pour un futur conflit ; ceci d’autant plus qu’ils ont laissé intact l’appareil de propagande de la RS, qui s’exerce au travers des médias et de l’enseignement scolaire (privant ainsi les élèves de toute transmission de l’histoire et de la culture plurielle de Bosnie-Herzégovine).
    Les dirigeants de la RS ont ainsi formaté la nouvelle génération pour un nouveau conflit. Et les divisions qui existent dans l’enseignement en « Fédération » sont également un sérieux frein à une alternative.
    La situation économique n’est guère encourageante : la « Fédération » est sous la sphère d’influence du capitalisme occidental et la RS sous la domination de la Russie ; avec dans les deux « entités » des effets négatifs pour la population (en général), dont quasi la moitié est réduite à des petits boulots aléatoires.
    La Yougoslavie de Tito avait réussi à échapper aux deux blocs et à développer le camp des non-alignés, ce qui était la meilleure solution pour tous les peuples de l’ex-Yougoslavie.
    Aujourd’hui, les bosniaques sont quasi obligés de chercher une protection auprès de l’Otan, (organisme qui est plein d’ambiguïtés) à cause de la sérieuse menace représentée par les nationalistes serbes. Mais ils doivent aussi se méfier des nationalistes croates.
    Si un conflit éclatait en Bosnie-Herzégovine, il pourrait rapidement prendre une dimension incontrôlable. C’est pourquoi la société civile en Europe a intérêt (pendant qu’il est encore temps) de s’engager pour éviter un conflit armé. La diaspora bosniaque dans nos pays devrait mettre fin au repli sur soi et mener un travail d’explication et de relations.

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  • Madame,
    en peu de mots, vous avez parfaitement décrit la situation. Je me permettrai seulement ce petit bémol : je ne pense pas que la position des Bosno-croates soit aussi claire que vous le dites. Je suis même prêt à prendre le pari que si, demain, le sujet de l’adhésion à l’OTAN est clairement débattue, la voix de Dragan Čović ira comme bien souvent se mêler à celle de son grand ami Milorad Dodik.

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  • Dobar dan Zehra.

    En effet vous n’êtes pas trop optimiste en ce qui concerne l’avenir de la BiH.
    En ce qui concerne l’Otan, il est évident que le contexte de tension USA/Russie en Ukraine ou en Syrie, n’aide pas à détendre l’atmosphère entre Fédération Croato-Bosniaque et R.S.
    De toute manière l’Otan a joué un rôle majeur de pyromane dans l’explosion de la Yougoslavie.
    Il faut mettre en // le livre du professeur Rénéo Lukic : « L’agonie Yougoslave 1986/2003 » et le livre de Daniele Ganser : « Les armées secrètes de l’Otan » pour comprendre les véritables enjeux de l’explosion du pays qui ont dopé les effets des raisons internes à la destruction.
    Donc comme le pensent pas mal de personnes qui surveillent l’Otan et ses magouilles, elle est une arme de contrôle des USA sur l’Europe de l’Ouest et de l’Est et donc une organisation créant plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions à la vieille Europe.
    Par conséquent elle est aujourd’hui plus une menace contre la paix que ne l’est la Russie de Poutine, même si l’homme fort du Kremlin n’est pas un tendre !
    Tout simplement à cause de la différence des budjets de défense entre les USA et la Russie.
    La BiH est malheureusement de nouveau aujourd’hui, comme l’Ukraine et la Crimée sur la ligne de faille sismique.
    Rappelons ce qu’a dit il y a peu Georges Friedmann, le directeur du site pro US, Stratfor : "Depuis la fin de la 2è guerre mondiale, les USA ne veulent pas d’un pôle Berlin, Moscou, Paris. La ceinture Baltique/Mer Noire est de nouveau en service.
    Le contrôle du grand frère US sur l’Europe se renforce avec toutes les conséquences pour les pays sur la ligne de fracture dans un premier temps et pour le reste du continent ensuite.
    Dovidjenja.

    Ronan.

    • Le livre de Lukic est vraiment un des meilleurs livres que j’aie lu sur le sujet mais je pense qu’il est épuisé. Dans toutes ces analyses, n’oublions pas, en plus, le poids de la Turquie sur la Bosnie Herzégovine qui se fait ressentir de plus en plus lourdement et négativement spécialement depuis le 15 juillet. Je suis d’accord avec Zehra, une catastrophe pourrait très bien pointer le bout de son nez mais je ne pense pas que la BiH sera la seule victime. Je pense que la catastrophe qui s’annonce est bien plus vaste que cela.

    • Dobardan Aline.
      Le livre de Rénéo Lukic est le livre de référence en langue française sur le sujet en effet. C’est Georges-Marie Chenu, ancien ambassadeur de France en Croatie, qui le dit.
      Par contre il ne traite pas trop de l’implication de l’Otan dans l’explosion du pays.
      Il est utile de rappeler la déclaration de Giulio Andreotti devant tous les parlementaires italiens en octobre 1990 sur la réalité des réseaux stay-behind.
      C’est d’ailleurs Daniele Ganser qui l’a confirmé à travers un document datant de 1984 découvert lors de l’ouverture des archives de la STASI.
      Bien entendu pour l’Otan qui désirait se maintenir en Europe de l’Ouest, malgré l’effondrement du pacte de Varsovie en décembre 1991, il fallait justifier d’une mission militaire.
      Ce fût le rôle de la diplomatie allemande, à travers Klaus Kinkel (ancien du BND) et Hans Dietrich Genscher (ministre des affaires étrangères et partisan de la Mittel Europa), de jouer le cheval de Troie pour l’Otan et les USA en poussant à l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie au moment où l’Union Soviétique s’était totalement effondrée.Un deal économique avec la France et la Grande Bretagne eu lieu en échange de la reconnaissance de l’indépendance de ces 2 anciennes républiques. La chute de la ville de Vukovar le 18 novembre 1991 après 3 mois de siège rendant incontournable la reconnaissance de l’indépendance Croate.
      Bien entendu cela n’est pas avouable auprès des peuples européens et c’est pour cela que l’habillage de la « guerre civile » , des « guerres de religions » ou « inter-ethniques » a été mis en avant, en guise d’explication au déchainement de violences inouïes sur les civils.
      Les para-militaires serbes, croates et « Musulmans » ont été instrumentalisés dès le départ pour mettre le feu aux poudres et n’ont jamais été des « incontrôlés » comme les médias occidentaux ont pu le rabâcher. D’ailleurs si je ne me trompe pas le procès de Jovica Stanisic et Frenki Simatovic a repris au TPIY. Ces 2 hommes étaient les pilotes des paramilitaires serbes en Croatie et en Bosnie-Herzégovine.
      Dovidjenja.
      Ronan.

    • Bonjour, Monsieur Chiquet

      Vous évoquez souvent le rôle de l’OTAN dans l’éclatement de la Yougoslavie, mais il ne faudrait pas minimiser non plus :

      1) le rôle de la SANU (académie serbe des sciences et des arts) et son mémorandum publié en 1986
      2) le rôle des irrédentismes albanais et croate (avec des lobbies très actifs dans la diaspora américaine)
      3) le rôle de la ligue des communistes de Serbie (branche serbe de la ligue de communistes yougoslaves) qui fit tout pour que Slobodan Milosevic accède au pouvoir en appuyant les revendications des nationalistes serbes (grâce Ivan Stambolic qui était le meilleur ami et allié de Slobo avant que celui-ci ne le fasse exécuter comme un chien quelque part dans les montagnes serbes par le déjà célèbre « Legija »).

      L’OTAN ne pouvait pas déstabiliser grand-chose si la Yougoslavie avait été forte, ou si elle avait constitué un état-nation.

    • Bonsoir Toni.
      En effet les raisons internes de l’explosion Yougoslave ne manquaient pas. La constitution de 1974 (constitution Kardelj) qui fit suite au « printemps croate » de 1971 en a été un des éléments majeurs. C’est elle qui a donné un statut presque égalitaire entre républiques constituantes qui avaient droit à la sécession et républiques autonomes (Voïvodine et Kosovo) qui n’étaient pas autorisées elles à faire sécession.
      C’est cette constitution qui a fait perdre la domination de la Serbie sur la Yougoslavie qui s’exerçait par l’intermédiaire du parlement fédéral. C’est pourtant sur cette base minimale, la constitution Kardelj, que la Croatie et la Slovénie voulaient renégocier leur association avec les autres républiques. Cela a été une des pierres d’achoppement avec la Serbie. Cela a donné le clash de janvier 1990 au dernier congrès des ligues communistes Yougoslaves. C’est à ce moment là que Milosevic a compris que la Slovénie et la Croatie s’engageaient sur la voie de l’indépendance. C’est le repère de l’effondrement du pays.
      Il a donné, au printemps 1990, l’ordre à la « JNA » d’aller récupérer les armes des défenses territoriales des autres républiques en vue de les empêcher de constituer leurs embryons d’armées. Cela a donné ensuite lieu de la part de la Slovénie et de la Croatie à la guerre des casernes pour aller récupérer ces armes ou plutôt tenter de le faire et ne réussir que partiellement.
      Il y a un élément très important qui n’apparaît pas dans votre propos. C’est le rôle joué par l’Allemagne avec Klaus Kinkel et Hans Dietrich Genscher pour pousser à l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie.
      C’est d’ailleurs ce dernier qui a poussé auprès du gouvernement croate, à ce que la chute de Vukovar ait bien lieu pour rendre incontournable la demande d’indépendance du pays et forcer la main à la France et à la GB qui voulaient maintenir « l’unité du pays » mais en faisant un choix douteux : celui de Milosevic.
      Il faut savoir que l’Allemagne de l’ouest, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, a eu a la tête de ses services secrets : Reinhard Ghelen. C’était un nazi notoire qui avait supervisé l’Abwher sur le front de l’Est face à l’Armée rouge. Hors c’est le gouvernement américain qui l’a parachuté à ce poste de chef des services secrets.
      Les Croates les plus ultras de la collaboration avec l’Allemagne nazie (les nostalgiques d’Ante Pavelic) qui ont échappé aux massacres des fosses de Bleiburg en 1945, se sont pour certains réfugiés en Allemagne et d’autres ont participé à la fuite des criminels nazis vers les pays latino-américains : Chili, Brésil, Argentine, Paraguay... Qui deviendront des pays du plan Condor dans les années 1970/80. Deux hommes vont apparaître dans l’organisation de cette fuite au sein du Vatican : Monseigneur Hudal, évêque autrichien pro-nazi et Kronislav Draganovic prêtre franciscain. Ante Pavelic bénéficiera de leurs services. Le Tyrol du sud en Italie à majorité germanophone sera la plaque tournante de ce réseau avec le port de Gênes.
      Bien entendu, ces éléments ne sont pas fournis dans le livre de Florence Hartmann : Milosevic, la diagonale du fou ou « Le nettoyage ethnique » de Mirko Grmek, Marc Gjidara, Neven Simac paru chez Fayard en mars 1993.
      Il y a beaucoup de « spécialistes » européens de l’explosion de la Yougoslavie qui ne veulent faire porter le chapeau qu’au camp de la grande Serbie. C’est un peu simpliste et léger comme analyse.
      C’est d’ailleurs le sens de la vidéo de la BBC diffusée sur le net.
      C’est pour cela que j’insiste sur les raisons externes de l’explosion du pays à travers le rôle pyromane/pompier de l’Otan. Je n’oublie pas que c’est parce que la Yougoslavie était déjà fragile depuis la mort de Tito et la récession économique de 1988/89 que la violence inouïe qui a submergé le pays en a fait le conflit le plus atroce en Europe depuis la fin de la 2è guerre mondiale. Ceci au grand bénéfice de l’Otan qui a eu son premier prétexte pour se maintenir malgré l’effondrement du pacte de Varsovie qui était officiellement sa raison d’être. Le pacte de Varsovie s’est effondré en décembre 1991, l’Otan existe toujours, cherchez l’erreur !
      Dovidjenja.

    • Bonjour, Ronan

      L’OTAN a été créée en 1949, donc avant le Pacte de Varsovie (1955). À la base, sa vocation était une entente militaire entre le Canada, les USA, les 5 pays du Traité de Bruxelles et quelques autres pays d’Europe Occidentale, entente capable d’une riposte commune et coordonnée en cas d’attaque extérieure de l’un d’entre eux. Ce genre de pactes entre entités politiques existe depuis les débuts de la civilisation.

      Il est vrai qu’ensuite, l’adversaire le plus « logique » était le bloc de l’Est, avec une frontière terrestre commune de plusieurs milliers de kilomètres. Mais une entente militaire, même si elle perd son « meilleur ennemi » ne doit pas nécessairement disparaître. Elle peut continuer à exister ne fût-ce que par intérêt dissuasif.

      Et au vu de l’indifférence cynique du duo franco-britannique, de la bénédiction tacite de la CEI envers le gouvernement yougoslave et du lobbying pro-croate de l’Allemagne, l’OTAN a finalement été un brin utile : permettre au peuple bosniaque de subsister. Sans cela, à l’heure actuelle, la Bosnie n’existerait plus et les Bosniaques subsisteraient dans une sorte de bande de Gaza...

    • From Ronan to Toni.
      En effet l’Otan a été créé en 1949 et le Pacte de Varsovie en 1955. La menace soviétique sur l’Europe de l’Ouest existait,elle, cependant dès la fin de la 2è guerre mondiale.
      C’est d’ailleurs le sens du document (format PDF) de l’Otan, en français, déclassifié : Le DC 13 du 28 mars 1950. Il est consultable sur le site : « Nato declassified, les coulisses de l’Otan ».
      L’Allemagne a servit de cheval de Troie pour l’Otan en poussant à l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie. Ces républiques avaient le droit de faire sécession selon la dernière constitution Yougoslave (Kardelj 1974).
      Mais cependant Klaus Kinkel et Hans Dietrich Genscher connaissaient les conséquences qu’allaient entraîner cette sécession.
      Il faut rappeler que durant la guerre froide, la Yougoslavie était le mirador des puissances occidentales (financement de l’US Aid pour la reconstruction du pays après la 2è WW), pour surveiller le Pacte de Varsovie tout en étant un pays membre du Comecon.
      D’ailleurs les relations économiques et touristiques de la Croatie et de la Slovénie n’ont pas cessé avec l’Allemagne et l’Autriche durant toute cette période de tensions Est/Ouest.
      En fait comme l’Europe n’a pas d’autonomie vis à vis de l’Otan et de son grand patron US, c’est l’Allemagne qui a joué les sous-traitant.
      En effet en octobre 1990, Gulio Andreotti déballa devant le parlement italien la triste réalité du réseau Gladio et bien sûr s’en suivit le déballage des réseaux Stay-Behind.
      Il fallait donc une mission militaire à l’Otan pour justifier son maintien malgré l’effondrement soviétique, puisque le patron US de l’Otan ne voulait pas abandonner le contrôle sur les « alliés » Européens.
      D’autant que le temps était compté pour reprendre le contrôle de cette zone car la Russie n’allait certainement pas abandonner son allié Serbe dans les Balkans.
      C’est donc une course de vitesse qu’a engagé l’Otan contre la Russie pour reprendre le contrôle de la zone. D’ailleurs les Balkans auraient été pour la Russie une zone d’ancrage de sa marine en Adriatique permettant ainsi d’accéder plus facilement à la méditerranée orientale et donc à la base de Tartous en Syrie.
      Le Monténégro, sous pression US, a d’ailleurs refusé l’accès à ses ports à la marine russe.
      La porte de sortie de la mer noire et de la marine russe, pour l’accès à la méditerranée orientale reste donc les détroits du Bosphore et des Dardanelles surveillés par 2 membres de l’Otan.
      De plus l’Italie est un pays clef de l’Otan pour la zone E.M.M.O et par conséquent tous les moyens seront mis en oeuvre pour sa défense de la part des USA.
      C’est donc l’Otan qui s’est servit de l’Allemagne pour mettre le feu dans les Balkans afin de reprendre le contrôle de la zone avant que la Russie n’ait les moyens de le faire après la chute du bloc soviétique.
      Relancer les idéologies nationalistes serbe et croate fût le boulot confié pour le côté croate au BUND Allemand et côté serbe je pense que les services secrets britanniques et français n’ont pas dû s’endormir.
      Après, c’est le vaste trafic d’armes organisé par les pays, qui avaient voté son embargo à l’Onu en septembre 1991 qui permit de faire durer les guerres de Croatie et de BiH.
      Rappelons aussi que Jovica Stanisic fût « approché » par la CIA dès le mois de mai 1992 et qu’il pilotait avec Frenki Simatovic les paramilitaires serbes en Croatie et en BiH.

    • Bonsoir, Monsieur Chiquet

      Si on pousse plus loin les faits historiques cachés, on pourrait tout aussi bien citer l’échange de l’Albanie, de la Hongrie et de la Yougoslavie avec la Grèce, en ce qui concerne les zones d’influences. Les Grecs appelaient le communisme de tous leurs voeux. Mais sa position était autrement plus stratégique que pour que Churchill la laisse filer entre les mains de Moscou...

    • Bonsoir Toni.

      En effet durant la 2è guerre mondiale les « Alliés » et l’Union Soviétique se sont partagés les zones d’influences, entre autre dans les Balkans.
      La Yougoslavie, grâce aux rapports « élogieux » de la bande des cinq dont Philby et Mac Lean, présents dans l’entourage des partisans de Tito, reçue l’aide des alliés et particulièrement des britanniques et de sa R.A.F pour le parachutage des armes. Les Partisans reçurent aussi une bonne partie des armes de l’armée italienne lors de sa capitulation en septembre 1943. A u départ cependant, Churchill avait fait le choix des Tcheniks de Draza Mihaïlovic qui ont été les premiers à démarrer des actions de résistance contre les occupations allemande et italienne du pays.
      Mais le fait qu’il ne recrutaient que des serbes dans leurs rangs limita beaucoup leur capacité d’action ainsi que leur zone géographique d’implantation : Serbie et une partie de la BiH.
      Quant à la Grèce et son occupation ratée par l’armée italienne, entraîna l’aide de l’Allemagne nazie à son alliée l’Italie.
      Ceci retarda donc l’opération Barbarossa à juin 1941 contre l’Union Soviétique.
      Dans un premier temps les britanniques aidèrent les 2 sortes de partisans grecs : les pro-monarchistes et les pro-communistes. Ils collaborèrent une seule fois entre eux pour faire sauter le viaduc du chemin de fer du Gargapotamos qui reliait Budapest (il me semble) à Salonique et était une voie primordiale pour la Wermarcht dans sa logistique.
      Après, quand les zones d’influences ce sont plus marquées entre « Alliés » et URSS, les britanniques ont lâché les communistes grecs et ont aidé militairement les monarchistes qui en ont profité pour les mettre hors jeu.
      Rappelons toutefois que ce sont des financement US qui ont soutenu cette politique de Churchill.
      La « guerre civile » grecque dura jusqu’en 1949, alors que durant la guerre, la Wermacht participa fortement à affamer les civils grecs.
      Ces deux pays : Grèce et Yougoslavie ont beaucoup souffert de la 2è guerre mondiale. L’US-AID, sera un des acteurs du financement de la reconstruction de la Yougoslavie titiste.
      Elle est toujours présente aujourd’hui avec le SIDA suédois qui forment ainsi l’ossature du N.E.R.D.A : ONG de développement économique du nor-est de la BiH.

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  • Et bein... Analyse pas tres gai en cette fin d’année Zehra. :-( :-/
    Espérons que l’avenir te contredira.
    Mais au fond de moi ....

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